Le secteur énergétique canadien est au centre de deux réalités qui s'entrechoquent souvent.
Tout d'abord, l'énergie sert de point d'ancrage à l'économie. En 2024, le secteur de l'énergie au Canada représentera environ 9,8% du PIB nominal, emploi direct 316 200 personnes, et ont soutenu des centaines de milliers d'emplois indirects. Les exportations d'énergie ont atteint $208,2 milliards d'euros et sont allés dans 132 pays, la plus grande part revenant aux États-Unis.
Deuxièmement, le secteur est confronté à des attentes croissantes en matière de réduction des émissions, de renforcement de la gouvernance et de démonstration de la valeur sociale. Cette pression ne vient pas d'un seul endroit. Elle provient des régulateurs, des investisseurs, des clients, des communautés et des employés.
Le cadre le plus pratique pour l'ESG dans le secteur de l'énergie au Canada n'est donc pas “l'élimination”. Il s'agit de “transition”, avec discipline. L'ESG aide les entreprises à gérer les risques, à protéger la continuité et à gagner le droit d'opérer pendant que le système énergétique change.
Pourquoi le secteur de l'énergie est-il important pour le Canada ?
On parle parfois de l'énergie comme s'il s'agissait d'une industrie unique. Au Canada, il s'agit d'un réseau : pétrole et gaz, oléoducs, compagnies d'électricité, hydroélectricité, nucléaire, énergies renouvelables, GNL, services et chaînes d'approvisionnement.
Les chiffres montrent l'ampleur du phénomène. Selon Statistique Canada, en 2024, le Canada exporté 80,5% de production de pétrole brut et 38,3% de production de gaz naturel, La plupart des exportations sont destinées aux États-Unis. Cette empreinte des exportations crée des emplois et des revenus, mais elle place également la barre plus haut en matière de transparence, car les acheteurs mondiaux veulent des comparaisons et des plans climatiques crédibles.
C'est ce que de nombreux responsables du développement durable affirment aujourd'hui en interne : “Nous ne pouvons pas décarboniser en utilisant une feuille de calcul. Nous avons besoin d'une transition qui permette à l'énergie de rester abordable et fiable tout en réduisant les émissions.
L'ESG comme cadre de transition et de gestion des risques
Dans le secteur de l'énergie, l'ESG fonctionne mieux lorsque les dirigeants la considèrent comme un système de gestion, et non comme une couche de marketing.
En pratique, cela signifie trois choses :
1) L'ESG fait le lien entre la stratégie et le risque d'entreprise
Le risque climatique est désormais présent dans la finance, et pas seulement dans l'ESS. L'autorité de régulation prudentielle du Canada BSIF a fait de la gouvernance climatique et de la gestion des risques une attente claire des institutions financières sous réglementation fédérale. Même si vous ne travaillez pas dans une banque ou un assureur, cela est important car les prêteurs et les assureurs répercutent ces attentes sur les chaînes de valeur.
Lorsque les entreprises du secteur de l'énergie intègrent l'ESG dans la surveillance du conseil d'administration, l'analyse des scénarios, les contrôles opérationnels et la planification de la transition, elles réduisent les frictions financières. Elles réduisent également les surprises.
2) L'ESG soutient une information crédible, pas le volume
Le Canada s'oriente vers une divulgation cohérente des informations relatives au développement durable. Les Normes canadiennes de divulgation en matière de développement durable CSDS 1 et CSDS 2 ont été publiées en décembre 2024, en s'appuyant sur la Base de l'ISSB et visant à améliorer la comparabilité pour les investisseurs.
En d'autres termes, la direction à prendre est claire : moins d'affirmations brillantes, plus de données décisionnelles.
3) La GSE maintient la lumière allumée tandis que les émissions diminuent
Les dirigeants du secteur de l'énergie doivent trouver un équilibre entre les objectifs climatiques et la continuité des opérations. La fiabilité n'est pas facultative dans le climat canadien, pas plus que la sécurité. Un programme ESG solide n'ignore pas cette tension. Il la gère.
Une question interne utile est la suivante :
“Quelles mesures de transition permettent de réduire les émissions et d'améliorer la résilience opérationnelle ?”
La réduction du méthane, la détection des fuites, l'électrification des opérations lorsque c'est possible et des régimes d'entretien plus stricts sont souvent bien notés dans les deux cas.
Les attentes des régulateurs et des parties prenantes sont de plus en plus pointues
Même lorsque les calendriers politiques changent, les attentes continuent d'augmenter.
Par exemple, Canada a continué à mettre l'accent sur le méthane, un levier à fort impact pour les émissions de pétrole et de gaz. Le gouvernement du Canada a annoncé des règlements définitifs visant à réduire les émissions de méthane des principales sources, ce qui confirme que les performances en matière de méthane resteront une question de conformité et de crédibilité.
Dans le même temps, les attentes en matière de divulgation convergent. Les normes CSDS 1 et 2 poussent les entreprises à produire des rapports structurés et orientés vers l'investisseur.
Vient ensuite la couche des parties prenantes. Dans le secteur de l'énergie au Canada, les parties prenantes comprennent les nations autochtones, les municipalités, les propriétaires fonciers, les employés locaux et les communautés situées le long des corridors d'infrastructure. La GSE devient réelle lorsque l'engagement est spécifique, continu et mesurable.
Exemples de cas : Amélioration des notations ESG et confiance des parties prenantes
Pour améliorer les notations ESG, il faut plus que des performances. Vous avez besoin de preuves : des objectifs, une gouvernance et des résultats que les évaluateurs externes et les investisseurs peuvent suivre.
Voici des exemples concrets de ce que cela peut donner dans le système énergétique canadien.
Des partenariats autochtones qui modifient le profil de risque
Les partenariats en matière d'équité peuvent faire passer l'engagement de la “consultation” à la création d'une valeur partagée.
TC Energy a annoncé ce qu'elle a décrit comme le plus important accord de participation autochtone au Canada concernant son réseau de gazoducs. De tels accords peuvent renforcer la confiance des parties prenantes, réduire les risques à long terme des projets et montrer aux évaluateurs que la licence sociale s'appuie sur une structure.
Enbridge’Le rapport sur le développement durable de l'entreprise souligne également la manière dont l'engagement et l'inclusion des indigènes sont organisés en tant qu'approche de gestion, y compris les programmes internes et les partenariats. La leçon ESG est simple : l'engagement des parties prenantes s'améliore lorsqu'il dispose d'une gouvernance, de budgets et d'une obligation de rendre des comptes.
Des choix transparents en matière de rapports, même lorsque c'est inconfortable
Suncor’Le rapport sur le développement durable de la Commission européenne fait état d'un “double défi”, à savoir répondre aux besoins énergétiques tout en réduisant les émissions, et montre également comment l'incertitude juridique et réglementaire peut influer sur ce que les entreprises publient.
Que vous soyez d'accord ou non avec l'approche d'une entreprise, le point de vue général est important pour les notations ESG. Les évaluateurs recherchent la cohérence, les contrôles et les voies d'assurance. Si les informations fournies changent, expliquez pourquoi et montrez comment la gouvernance fonctionne toujours.
Le méthane comme levier de crédibilité rapide
Les performances en matière de méthane permettent souvent d'obtenir des résultats rapides, car elles sont directement liées aux opérations. Des programmes rigoureux en matière de méthane peuvent améliorer les scores environnementaux, mais ils réduisent également les risques liés aux produits pour les acheteurs qui suivent les émissions en amont.
Avec Canada Les entreprises qui investissent tôt dans la détection, la mesure et la vérification auront probablement plus de facilité à défendre leurs performances et à réduire le risque de non-conformité.
Ce que les professionnels du développement durable doivent retenir
Si vous travaillez dans le secteur de l'énergie au Canada, ou si vous le soutenez en tant que consultant, l'ESG devrait vous aider à répondre clairement à trois questions :
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Quels sont les risques matériels et qui en est responsable ?
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Quel est le plan de transition qui protège la fiabilité et les emplois ?
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Comment prouver les progrès réalisés grâce à des informations comparables et à un engagement crédible ?
Lorsque vous pouvez répondre à ces questions, vous faites passer l'ESG du débat à l'exécution.
Développer les compétences nécessaires à la transition de la GSE
Si vous voulez mener ces conversations en toute confiance, vous avez besoin d'outils actuels : gouvernance ESG, stratégie d'engagement des parties prenantes, matérialité, préparation à la divulgation et étapes pratiques de mise en œuvre.
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