La double matérialité n'est plus seulement un concept réglementaire européen. Elle devient une exigence pratique pour de nombreuses organisations canadiennes opérant sur les marchés mondiaux. Alors que les attentes en matière de développement durable augmentent, les professionnels de l'ESG au Canada doivent comprendre comment la double matérialité affecte le reporting, la stratégie et la gestion des risques.
La double matérialité évalue à la fois l'impact des questions de développement durable sur les performances financières d'une entreprise et l'impact des activités de l'entreprise sur la société et l'environnement. Ces deux perspectives redéfinissent ensemble ce qui est considéré comme important dans les rapports ESG modernes.
Pourquoi la double matérialité est-elle importante au Canada ?
Le Canada n'impose pas actuellement la double matérialité dans sa réglementation nationale. Toutefois, cela ne signifie pas que les entreprises canadiennes peuvent l'ignorer. Nombre d'entre elles sont déjà confrontées à des obligations indirectes du fait des réglementations européennes, des investisseurs mondiaux et des chaînes de valeur internationales.
En vertu de la directive de la Commission européenne sur les rapports de durabilité des entreprises (CSRD), les entreprises non européennes ayant une activité significative dans l'UE doivent appliquer la double matérialité. Cela inclut les entreprises canadiennes qui ont des filiales, des cotations ou des clients importants dans l'UE. En conséquence, les équipes chargées du développement durable reçoivent de plus en plus souvent des demandes de données conformes à la DRSD, même si la législation canadienne ne l'exige pas explicitement.
Dans le même temps, les investisseurs institutionnels et les prêteurs attendent des informations qui reflètent à la fois le risque financier et l'impact sur le monde réel. La matérialité financière ne répond plus à elle seule aux attentes mondiales en matière d'ESG.
Comprendre les deux dimensions de la double matérialité
Impact Matérialité
La matérialité de l'impact examine la manière dont une entreprise affecte l'environnement et la société. Cela comprend les émissions, l'utilisation de l'eau, la biodiversité, les conditions de travail et l'impact sur les communautés. Au Canada, cette dimension est particulièrement pertinente pour des secteurs tels que l'énergie, l'exploitation minière, la sylviculture, l'agriculture et les transports.
Dans la pratique, une société minière canadienne peut être amenée à évaluer les impacts sur les écosystèmes locaux et les communautés autochtones dans le cadre de son processus de reporting ESG. Même si ces impacts n'ont pas d'incidence immédiate sur les résultats financiers, ils restent importants en vertu des principes de matérialité des impacts.
Matérialité financière
La matérialité financière se concentre sur la manière dont les questions de durabilité affectent les performances financières et la viabilité à long terme d'une entreprise. Les risques liés à la transition climatique, les risques climatiques physiques, les changements réglementaires et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement entrent dans cette catégorie.
Par exemple, les politiques de tarification du carbone, les phénomènes météorologiques extrêmes ou l'évolution des exigences commerciales peuvent avoir une incidence directe sur les exportateurs et les fabricants canadiens. Ces risques doivent être évalués parallèlement aux facteurs financiers traditionnels, conformément aux orientations de l'ISSB et des normes IFRS sur le développement durable.
Quand la double matérialité devient opérationnelle
La double matérialité passe de la théorie à la réalité lorsque les entreprises interagissent avec les marchés internationaux.
Un scénario courant est celui d'un exportateur canadien fournissant des fabricants basés dans l'UE. Même si la réglementation canadienne n'exige pas la double matérialité, les clients de l'UE demandent souvent des données alignées sur le CSRD concernant les émissions du champ d'application 3, les pratiques de travail et les risques de la chaîne d'approvisionnement. Dans les évaluations et les divulgations, les équipes chargées du développement durable doivent répondre en utilisant la logique de la double matérialité pour rester compétitives.
C'est là que de nombreuses organisations canadiennes première rencontre avec la double matérialité dans la pratique.
Comment fonctionne une double évaluation de l'importance relative
Bien que les méthodologies varient, la plupart des doubles évaluations de matérialité suivent une structure similaire dans les rapports ESG réels et les missions de conseil :
Identifier les thèmes ESG à travers les opérations et l'ensemble de la chaîne de valeur
Engager les parties prenantes internes et externes, y compris les fournisseurs et les clients
Évaluer la gravité de l'impact ainsi que les risques et les opportunités financières
Valider les résultats, documenter les hypothèses et intégrer les conclusions dans la stratégie et les rapports.
Cette approche structurée aide les organisations à répondre aux attentes de la CSRD tout en renforçant la gouvernance et la prise de décision.
Principaux défis pour les organisations canadiennes
De nombreuses entreprises canadiennes ont du mal à appliquer la double matérialité de manière cohérente. Les défis communs incluent une expertise interne limitée, des données fragmentées et une appropriation peu claire entre les équipes chargées du développement durable, des finances et des risques.
Dans la pratique, les professionnels de l'ESG rencontrent souvent des difficultés à aligner les évaluations d'impact sur l'analyse des risques financiers ou à traduire les impacts qualitatifs en informations utiles à la prise de décision. En l'absence de processus clairs, les évaluations risquent de devenir des exercices de conformité plutôt que des outils stratégiques.
Comment la double matérialité renforce la stratégie ESG
Lorsqu'elle est appliquée correctement, la double matérialité améliore la clarté stratégique. Elle aide les organisations à donner la priorité aux questions ESG, à anticiper les risques réglementaires et à répondre aux attentes des investisseurs en toute confiance. Elle permet également de renforcer la surveillance en reliant les impacts du développement durable à la gestion des risques de l'entreprise et à la planification financière.
Pour les professionnels canadiens du développement durable, cette capacité est de plus en plus déterminante pour leur carrière. Les employeurs recherchent désormais des professionnels capables d'appliquer des cadres mondiaux, d'impliquer les parties prenantes et d'étayer les audits et les divulgations par des données crédibles.
La demande croissante de compétences en matière d'ESG au Canada
Le marché du travail ESG au Canada continue d'évoluer. Les employeurs s'attendent de plus en plus à connaître le CSRD, l'ESRS, l'ISSB et la TCFD, même si la déclaration reste volontaire. Les orientations d'organismes tels que les Autorités canadiennes en valeurs mobilières signalent également des attentes croissantes en matière de qualité de la divulgation sur le climat et le développement durable.
La double matérialité est au cœur de ce changement. Elle nécessite des compétences appliquées, et pas seulement une prise de conscience.
FAQ
1) Qu'est-ce que la double matérialité au Canada ?
Au Canada, la double matérialité consiste à évaluer à la fois l'impact des questions ESG sur la performance financière d'une entreprise et l'impact de cette dernière sur la société et l'environnement. Bien qu'elle ne soit pas encore obligatoire au niveau national, elle est de plus en plus exigée en raison de la réglementation de l'UE et des attentes des investisseurs.
2. la double matérialité est-elle obligatoire pour les entreprises canadiennes ?
La double matérialité n'est pas obligatoire en droit canadien. Toutefois, les entreprises canadiennes qui exercent des activités dans l'UE, qui ont des clients dans l'UE ou qui sont cotées dans l'UE peuvent être amenées à l'appliquer pour se conformer au CSRD et s'aligner sur les normes internationales en matière d'information ESG.
3) Pourquoi la double matérialité est-elle importante pour les carrières ESG au Canada ?
Les compétences en matière de double matérialité sont de plus en plus demandées dans les fonctions liées à l'ESG. Les professionnels capables de soutenir les évaluations, les audits et les divulgations en matière d'impact et de risque financier sont plus compétitifs sur le marché de l'emploi du développement durable en pleine évolution au Canada.
Pourquoi cela est important pour le Canada
À mesure que les attentes mondiales en matière d'ESG augmentent, la double matérialité devient une compétence de base plutôt qu'une exigence de niche. Pour les organisations et les professionnels canadiens, la question n'est plus de savoir si la double matérialité s'appliquera, mais dans quelle mesure ils sont prêts à la mettre en pratique.
Alors que la double matérialité passe de la théorie aux flux de travail quotidiens en matière d'ESG, les professionnels ont besoin de compétences appliquées, et pas seulement d'une prise de conscience.
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