Le débat sur la tarification du carbone au Canada a pris une nouvelle tournure en 2025. La redevance carbone facturée aux consommateurs a disparu des factures de carburant quotidiennes, mais la tarification du carbone n’a pas pour autant disparu des stratégies d’entreprise. Au contraire, l’accent a été mis plus clairement sur l’industrie, l’investissement, les performances en matière d’émissions et la compétitivité.
Pour les entreprises canadiennes, cela crée une nouvelle donne en matière de planification. Les équipes chargées du développement durable, les responsables financiers, les directeurs des opérations et les consultants doivent désormais comprendre comment la tarification du carbone dans le secteur industriel influe sur les coûts, les décisions d'investissement, les exportations et la résilience à long terme.
La refonte du système de tarification du carbone au Canada
En mars 2025, le gouvernement du Canada a confirmé qu’il supprimerait la taxe carbone pour les consommateurs à compter du 1er avril 2025. Le communiqué officiel Communiqué du ministère des Finances du Canada a déclaré que la taxe fédérale sur les carburants cesserait de s'appliquer et que les provinces et les territoires n'auraient plus à maintenir un prix du carbone destiné aux consommateurs.
Toutefois, ce même changement d'orientation a continué de mettre l'accent sur les émissions industrielles. Le Canada’s approche de tarification du carbone dans le secteur industriel vise toujours à réduire les émissions de carbone des grands émetteurs tout en limitant les risques liés à la compétitivité et à la fuite de carbone.
Cette distinction est importante. La fin de l'indexation sur les prix à la consommation pourrait atténuer la pression politique liée aux coûts énergétiques des ménages. Toutefois, la tarification du carbone dans le secteur industriel reste un enjeu stratégique pour les entreprises dont les activités sont à forte intensité carbone, qui disposent de chaînes d'approvisionnement complexes ou qui sont exposées à des marchés sensibles au carbone.
L'évolution des prix en 2026
En mai 2026, Environnement et Changement climatique Canada a mis à jour le seuil fédéral de tarification de la pollution par le carbone. Selon le document officiel mise à jour des taux de référence fédéraux, le prix de référence pour les systèmes de tarification du carbone dans le secteur industriel s'élève à $95 CAD par tonne en 2026, à $100 CAD en 2027, $115 CAD en 2030 et $130 CAD en 2035. À partir de 2036, le prix augmente selon un mécanisme d’indexation sur l’inflation jusqu’à atteindre $140 CAD en 2040.
Le Partenariat international pour l'action contre le carbone a également indiqué que la trajectoire révisée est entrée en vigueur le 15 mai 2026. Pour les entreprises, cela revêt une importance particulière, car les coûts liés au carbone s’inscrivent désormais dans un horizon de planification plus long.
Un exemple simplifié illustre bien cet impact. Un cimentier qui prévoit de moderniser son four en 2026 ne peut pas évaluer son projet uniquement en fonction des coûts énergétiques actuels. Il doit prendre en compte les coûts futurs liés aux émissions, la disponibilité des crédits carbone, les options en matière de combustibles et le délai de rentabilité des technologies à faible empreinte carbone. La tarification industrielle du carbone transforme les données sur les émissions en un élément de la planification financière.
Fonctionnement de l'OBPS
Le gouvernement fédéral canadien Système de tarification basé sur la production s'applique aux grandes installations industrielles situées dans certaines juridictions. Il fixe des plafonds d'émissions annuels pour les installations concernées. Si une installation dépasse son plafond d'émissions, elle doit compenser l'excédent. Si ses émissions sont inférieures à son plafond, elle peut obtenir des crédits excédentaires.
Ce dispositif favorise la réduction des émissions sans taxer chaque tonne de la même manière qu’une taxe simple. Il vise également à protéger les secteurs à fortes émissions et exposés à la concurrence internationale contre la fuite de carbone. La fuite de carbone se produit lorsque la production est délocalisée vers des pays où la réglementation climatique est moins stricte, au lieu de contribuer à la réduction des émissions mondiales.
Pour les professionnels du développement durable, cela signifie que la connaissance de la tarification du carbone doit aller au-delà des simples slogans. Les équipes doivent comprendre les limites des installations, l'intensité des émissions, les marchés des crédits carbone, les options de réduction des émissions et la qualité des données internes.
Le risque commercial s'accroît
La tarification du carbone dans le secteur industriel a également des répercussions sur le commerce. L'Union européenne… Mécanisme d'ajustement aux frontières pour le carbone est entré en vigueur dans sa version définitive en 2026. Il impose des coûts liés au carbone à certaines importations à forte intensité carbone, notamment dans des secteurs tels que le ciment, le fer, l'acier, l'aluminium, les engrais, l'hydrogène et l'électricité.
Le Royaume-Uni a également confirmé son intention de mettre en place un Mécanisme d'ajustement aux frontières pour le carbone à compter du 1er janvier 2027.
Cela pose un défi concret aux exportateurs canadiens. Un fournisseur d’acier, d’aluminium ou d’engrais qui vend ses produits en Europe ou au Royaume-Uni pourrait devoir fournir des données plus précises sur les émissions au niveau des produits. Il pourrait également devoir comparer les coûts liés au carbone sur le marché national à ceux du marché de destination.
Dans ce contexte, la tarification industrielle du carbone fait désormais partie intégrante de la préparation commerciale. Elle peut influencer les échanges avec les clients, les réponses aux appels d'offres, la confiance des investisseurs et le positionnement au sein de la chaîne d'approvisionnement.
Liste de contrôle pratique pour les entreprises
Les entreprises canadiennes devraient commencer par mettre en œuvre cinq mesures.
Commencez par examiner les émissions de scope 1 et les données au niveau des sites. Des données de mauvaise qualité rendent la modélisation du coût du carbone peu fiable.
Deuxièmement, il convient de déterminer quelles opérations relèvent des systèmes fédéraux ou provinciaux de tarification du carbone dans le secteur industriel. Le Canada dispose d'un ensemble de systèmes fédéraux, provinciaux et territoriaux ; le lieu d'implantation a donc son importance.
Troisièmement, modéliser différents scénarios de prix du carbone à l'horizon 2030 et 2035. Cela permet aux équipes financières de comparer le coût de l'inaction à celui des mesures de réduction des émissions.
Quatrièmement, évaluer les options opérationnelles. L'efficacité énergétique, l'électrification, l'amélioration des procédés, les carburants à faible teneur en carbone et le captage du carbone peuvent tous contribuer à renforcer la rentabilité du projet.
Enfin, il convient de relier la planification carbone aux achats et aux exportations. Les fournisseurs et les clients demandent de plus en plus souvent des données sur les émissions, en particulier dans les secteurs à forte intensité carbone.
Pourquoi les compétences sont-elles si importantes aujourd’hui ?
Le Institut canadien du climat décrit la tarification du carbone dans le secteur industriel comme l'un des outils les plus importants dont dispose le Canada pour réduire les émissions industrielles tout en favorisant une économie propre et compétitive. Le Bilan de l'IISD 2025, élaboré en collaboration avec le Pembina Institute, montre également pourquoi les détails de conception sont importants, notamment l'offre excédentaire de crédits, l'incertitude du marché et les différences entre les systèmes provinciaux.
C'est pourquoi les compétences en matière de développement durable prennent de plus en plus de valeur. Les professionnels doivent traduire les politiques en actions concrètes. Ils doivent expliquer les coûts liés au carbone aux dirigeants, soutenir des plans de transition crédibles, collaborer avec les équipes opérationnelles et communiquer clairement sur les risques climatiques.
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FAQ
La tarification du carbone est-elle révolue au Canada ?
Non. Le Canada a supprimé la taxe fédérale sur le carbone pour les consommateurs en 2025, mais la tarification du carbone pour le secteur industriel reste en vigueur dans le cadre des systèmes fédéraux et provinciaux.
Pourquoi la tarification du carbone dans le secteur industriel est-elle importante pour les entreprises ?
Cela a une incidence sur les coûts liés aux émissions, la planification des investissements, l'efficacité opérationnelle, les attentes des fournisseurs et la capacité à exporter.
Quelles équipes devraient se familiariser avec ce sujet ?
Les équipes chargées du développement durable, des finances, des achats, des opérations, des affaires juridiques, des relations avec les investisseurs ainsi que la direction doivent toutes avoir au moins une connaissance pratique de la tarification du carbone dans le secteur industriel.
Dernière réflexion
L'histoire de la tarification du carbone au Canada ne s'est pas achevée en 2025. Elle a pris une nouvelle direction. La pression s'est déplacée des factures de chauffage des ménages vers les performances industrielles, les marchés du carbone, les décisions d'investissement et la compétitivité commerciale. Les entreprises qui comprennent cette évolution peuvent planifier plus tôt, réduire les risques et élaborer des stratégies de développement durable plus solides.
